Au Cameroun, les violences faites aux femmes et aux enfants atteignent un niveau sans précédent

Les chiffres officiels, rendus publics lors d'une conférence de presse gouvernementale le 1er juin 2026, confirment une tendance haussière documentée et préoccupante.

En moins de quatre ans, plus de 200 féminicides ont été répertoriés : 50 en 2023, 67 en 2024, et 77 en 2025. Au premier trimestre 2026 seulement, les organisations de défense des droits des femmes dénombrent déjà 26 cas. Depuis le début de l’année 2026, cinquante féminicides ont été enregistrés — un chiffre qui équivaut déjà au nombre total de 2023. Sur le front des violences contre les enfants, une vingtaine de cas incluant viols et meurtres ont été dénoncés entre 2025 et 2026.

Ces statistiques recouvrent des drames concrets. En février 2026, une mère a tué ses trois enfants à Yaoundé par empoisonnement avant de se donner la mort. En mars, la petite Divine Mbarga, onze ans, a été violée et tuée à Yaoundé. En janvier, Christine Glawdys Mvogo, 17 ans et enceinte, a été assassinée à la machette par son compagnon dans un champ de manioc, l’auteur justifiant son acte par la jalousie.

Le 1er juin 2026, le gouvernement camerounais a tenu une conférence de presse réunissant sept institutions publiques. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi a déclaré : « Ni le gouvernement, ni le pouvoir judiciaire ne sont insensibles à ces drames qui, malheureusement, affectent de plus en plus notre société ». Il a promis que le gouvernement entendait « agir avec la plus grande fermeté contre ces crimes ».

Plusieurs mesures ont été annoncées : poursuite systématique des auteurs avec sanctions exemplaires, renforcement des dispositifs de veille communautaires, accompagnement psychosocial des victimes, et création de cellules spécialisées « Child Desks » au sein des unités de police et de gendarmerie. Le ministre a cependant averti que l’action de l’État ne suffira pas sans une mobilisation collective et citoyenne.

Pour les organisations de défense des droits des femmes, le message est clair : aucune femme ne devrait perdre la vie en raison de son genre, et aucun enfant ne devrait grandir dans un environnement marqué par la peur et les violences. La montée des féminicides d’année en année, sans réponse législative adaptée, place le pays dans une position intenable.

Le Cameroun fait face à une crise sociale profonde. La question qui reste ouverte est celle des actes concrets qui suivront les annonces.