Comment la guerre en Iran stimule les ventes de motos électriques au Kenya

La guerre entre Israël et l’Iran a un effet inattendu en Afrique : elle accélère la transition vers les motos électriques. La flambée des prix du carburant pousse de plus en plus de conducteurs à changer de moteur.

Au Kenya, les ventes de motos électriques ont augmenté de 40 % en seulement trois mois. Ce bond profite surtout à des marques comme Spiro, ArcRide et Ampersand. Spiro, une start-up africaine qui domine largement ce marché au Kenya, a vendu 4 000 motos en 2024. Son objectif pour 2026 : atteindre 50 000 unités.

La raison de cet engouement est avant tout économique. Recharger une moto électrique coûte environ 265 shillings kényans. Faire le plein d’essence pour parcourir la même distance revient à 530 shillings, soit le double. Plusieurs chauffeurs de moto-taxis, appelés “boda-boda” au Kenya, témoignent avoir abandonné l’essence pour de bon depuis leur passage à l’électrique, notamment parce que les pannes et réparations liées aux moteurs à combustion ont disparu.

Le gouvernement kényan voit aussi un intérêt économique et écologique à cette transition. L’essence utilisée dans le pays est entièrement importée, ce qui pèse sur les finances publiques. L’électricité, elle, est produite localement, et à 93 % à partir de sources vertes comme l’hydroélectricité, la géothermie, le solaire et l’éolien.

Cette dynamique dépasse le seul Kenya. Plusieurs pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest connaissent une évolution similaire, portée par l’essor des mototaxis, des tuk-tuks et des bus électriques. Un climat propice aux investissements dans ce secteur, qui attire déjà des levées de fonds importantes et de nouvelles infrastructures de recharge.