L’ancien Premier ministre aurait contracté une dette de cinq millions de francs CFA en 2008, lors de l’organisation d’une fête nationale. La plaignante, une ancienne compagne politique, affirme n’avoir jamais été remboursée. Seize ans plus tard, l’affaire resurgit comme une bombe judiciaire.
Son parti crie au complot. Les faits datent, la dénonciation aussi. Pourquoi maintenant ? Pourquoi un ancien chef de gouvernement poursuivi pour une vieille affaire d’argent, sans accès à la justice ? Ensemble pour le Gabon soutient que cette dette concerne l’État, pas Bilie-By-Nze personnellement.
La présidence, elle, ferme les vannes. C’est un dossier judiciaire, répond-elle. L’État s’en lave les mains.
Mais le timing parle. Bilie-By-Nze était candidat à la dernière présidentielle. Il incarnait une opposition crédible. Aujourd’hui, il dépérit en prison sans contact extérieur, une isolation qui ressemble à tout sauf à de la justice ordinaire.
C’est dans cette Afrique-là que les dossiers judiciaires se transforment en armes politiques, où les rivaux des puissants finissent derrière les barreaux pour des raisons flottantes, et où la frontière entre droit et répression se brouille jusqu’à disparaître.
Djenabou Kanté








