Depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026, plusieurs personnalités politiques et activistes maliens auraient été enlevés par des hommes armés et cagoulés circulant à bord de véhicules banalisés, sans qu’aucune procédure légale ne soit évoquée. Leurs familles affirment être sans nouvelles et ignorent où ils seraient détenus.
Parmi eux figure Mountaga Tall, avocat et homme politique, considéré comme l’une des figures historiques de la démocratisation du Mali depuis la révolution de 1991 et critique de la transition militaire. Selon ses proches, il a été enlevé à son domicile dans la nuit du 2 au 3 mai à Bamako. Son épouse, qui tentait de filmer la scène, aurait été agressée et son téléphone confisqué. Sa famille dénonce l’absence totale d’explications officielles. Ces dernières années, Mountaga Tall avait notamment assuré la défense de plusieurs personnalités politiques détenues et plaidé publiquement pour l’organisation d’élections et la fin de la transition.
Youssouf Daba Diawara, coordinateur du mouvement de l’imam Mahmoud Dicko, aurait également été interpellé le 4 mai vers 17 heures, à la sortie d’un restaurant du quartier ACI 2000 à Bamako. Deux personnes présentes avec lui auraient été relâchées. Il avait déjà été arrêté en juillet 2024 après avoir participé à une manifestation réclamant des élections.
Moussa Djiré, dit « Abba », président du mouvement citoyen Yiriwa 223, est porté disparu depuis la soirée du 4 mai. Sa voix aurait été identifiée dans un enregistrement audio circulant sur les réseaux sociaux, dans lequel il échangeait avec l’opposant en exil Oumar Mariko, accusé par la justice militaire de complicité dans les attaques du 25 avril. Trois proches d’Oumar Mariko auraient également été enlevés et leur localisation demeure inconnue.
Les autorités maliennes affirment que les attaques du 25 avril ont bénéficié de complicités au sein de l’armée et de la classe politique. Toutefois, depuis le communiqué du parquet militaire, aucune autre déclaration officielle n’a été faite, tandis que les enlèvements rapportés semblent se dérouler en dehors de tout cadre judiciaire clairement établi.
Plusieurs observateurs craignent que le régime d’Assimi Goïta ne profite du contexte sécuritaire pour accentuer la répression contre certaines voix critiques.
L’ONU a appelé les autorités maliennes à conduire leurs enquêtes dans le respect du droit international des droits humains, rappelant que toute arrestation ou détention doit respecter les garanties procédurales. De son côté, Amnesty International a demandé la libération immédiate des personnes disparues et dénoncé des pratiques attribuées aux services de sécurité maliens.








