Réuni en conseil des ministres le 6 mai 2026 à Abidjan, le gouvernement ivoirien a adopté une ordonnance portant dissolution de Commission électorale indépendante (CEI). Créée par la loi du 9 octobre 2001, la CEI avait pour mission d’organiser et de superviser les élections et référendums en Côte d’Ivoire. Au fil des années, l’institution s’est toutefois retrouvée au centre de nombreuses contestations politiques, notamment de la part de l’opposition, qui dénonçait un manque d’indépendance.
Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a expliqué que cette dissolution s’appuie sur trois principaux motifs : la fin du cycle électoral marqué par les législatives de décembre 2025, les critiques formulées contre la CEI et la volonté de mettre en place un nouveau mécanisme de gestion des élections.
Selon le gouvernement, cette réforme vise à renforcer la confiance des acteurs politiques et à garantir des élections apaisées. Une nouvelle structure électorale devrait être créée dans les prochains mois sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Dans la classe politique, plusieurs réactions favorables ont été enregistrées. Jean-Gervais Tcheïdé, représentant du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, a estimé que cette décision pourrait permettre de relancer le dialogue politique et de redéfinir les bases d’un organe électoral plus crédible et consensuel.
Cette dissolution intervient alors même que la CEI tenait à Assinie un atelier d’évaluation des élections de 2024 et 2025.
Reste désormais la question centrale de la future architecture électorale. Plusieurs observateurs s’interrogent sur le niveau d’indépendance du futur organe, alors que l’organisation des élections relevait autrefois directement du ministère de l’Intérieur avant la création de la CEI.






